« Tout le monde peut tomber. Personne ne devrait en avoir honte. »

Karim* (51 ans) a grandi en Belgique, où il a longtemps mené une vie stable aux côtés de son compagnon. Après leur rupture, il a basculé dans la précarité. « J’ai vécu. Vraiment vécu. Et aujourd’hui, je me retrouve seul. Mais même pauvre, je reste un être humain. »

« J’ai récemment eu 51 ans », dit Karim avec un sourire chaleureux.
« Je suis né en Belgique, mais mes racines sont à Casablanca, au Maroc. Je suis fier de qui je suis : arabe et belge. Gay et musulman. Oui, parfois ça crée des tensions. Tout le monde ne l’accepte pas. Mais j’ai toujours été honnête avec moi-même. »

De l’aisance à la précarité

Karim a grandi à Bruxelles et parle avec tendresse de son enfance, de son travail de serveur, des fêtes où il dansait jusqu’au bout de la nuit.
« J’étais le meilleur danseur aux mariages », raconte-t-il en riant. « On m’appelait “Laïa” sur la piste. La vie me souriait. J’avais du style — Gucci, Chanel, Gabbana… je connaissais tout. Je travaillais dur, je gagnais bien ma vie. Et j’avais mon compagnon, Elias. »

Pendant près de trente ans, ils ont tout partagé.
« Il était mon soutien, mon foyer, mon refuge. On faisait tout ensemble. Puis, un jour, il est parti. Sans explication. J’ai vu une photo sur mon téléphone : lui, dans une piscine, dans son château en Tunisie. Et moi, je suis resté là, seul. »

La rupture a été brutale, et les difficultés financières ont suivi.
« Elias m’aidait pour le loyer, la nourriture, les frais médicaux. Quand tout cela s’est arrêté, je n’ai plus tenu. Ma santé s’est aussi dégradée. Je suis malade depuis des années et je ne peux plus travailler. Du jour au lendemain, on perd tout. On essaie de rester digne, mais c’est extrêmement lourd. »

Les charges, elles, restent.
« 850 euros de loyer, eau, l’électricité, chauffage et internet. Avec mon allocation, il ne reste presque rien. Mais on reste un être humain. On veut garder son logement propre, prendre soin de soi, boire un café, manger correctement sans devoir choisir entre le pain et le chauffage. »

Souffrir en silence

C’est grâce à une assistante sociale attentive que Karim a trouvé le chemin de la banque alimentaire.
« Elle est comme une mère pour moi. Toujours à l’écoute. Grâce à elle, je suis ici aujourd’hui. Ici, je n’ai pas honte. Je me sens vu, respecté. »

Ce qui lui fait le plus mal, c’est le silence.
« Le silence autour de la pauvreté. De l’orientation sexuelle. Dans ma communauté, on n’en parle pas, surtout si on est gay. On se moquerait de vous, on vous ignorerait. Moi, je parle. Parce que je veux montrer que ça ne fait pas de vous quelqu’un de moins. Et la pauvreté, ça peut arriver à tout le monde. »

« Je n’ai pas choisi cette vie, mais je la porte. Et parfois, quelqu’un en porte un morceau avec moi. C’est ce que fait la banque alimentaire. Ici, on se soutient. On est les bienvenus quand on n’y arrive plus seul. »

Karim n’est pas seul. 
Chaque mois, plus de 200 000 personnes ont besoin d’aide alimentaire.
Nous ne les abandonnons pas.

Vous voulez aider ? Soutenez les banques alimentaires via foodbanks.be 

* Karim est un pseudonyme. Son identité a été protégée pour des raisons de sécurité et de respect de la vie privée.

retour au blog

Vous aimez aider les autres ? Vous êtes sociable et compréhensif(-ve) ? Vous avez envie de vous retrousser les manches et, comme nous, de lutter contre la faim et le gaspillage alimentaire ? Contactez-nous !

Découvrez les postes vacants des Banques Alimentaires Régionales

De la logistique et l’approvisionnement à l’administration et la communication : les Banques Alimentaires régionales sont toujours à la recherche de bénévoles motivés. Vous pouvez vous libérer au moins un jour par semaine ? Alors bienvenue parmi nous !

Devenez bénévole pour une association affiliée dans votre quartier

Les Banques Alimentaires comptent plus de 600 associations partenaires locales qui assurent la distribution gratuite de la nourriture fournie aux personnes dans le besoin et prêtent à ces dernières une oreille attentive. Envie de nous aider ?

 

 

Toute contribution, si modeste soit-elle, fait une réelle différence.

DON UNIQUE

Vous bénéficierez d’un avantage fiscal de 45 % pour tout don de 40 € ou plus. Un don de 40 € ne vous coûtera donc que 22 €.

DON PERMANENT

Un soutien récurrent nous permettra d’atteindre ensemble un plus grand objectif.

LEGS

Avec un legs, vous aiderez aussi les personnes dans le besoin après votre disparition.

FAITES UNE LEVÉE DE FONDS

Votre action de levée de fonds donnera un coup de pouce aux personnes vulnérables.