452 kilomètres. Pour celles et ceux qui se battent chaque jour.
7,6 kilomètres de natation. 360 kilomètres à vélo. 84,4 kilomètres de course à pied. Tim Vlieghe (34 ans), originaire de Kuurne, n’a pas choisi la voie la plus facile pour attirer l’attention sur la pauvreté et le travail des Banques Alimentaires. Lorsqu’il a pris conscience de l’ampleur des besoins, il a décidé de doubler le nombre de triathlons. « Je devais faire quelque chose. Fermer les yeux n’est pas une option. »
Tim travaille comme coordinateur qualité dans une entreprise de travail adapté, où des personnes éloignées du marché de l’emploi travaillent ensemble. Ces dernières années, il a vu de près les conséquences que les difficultés financières peuvent avoir sur une vie.
« Après le Covid, nous avons connu une période de moins de travail, et beaucoup de chômage », raconte Tim. « J’ai vu ce que cela faisait à beaucoup de mes collègues. Un revenu qui disparaît. Un caddie qui coûte de plus en plus cher. Des parents qui se demandent s’ils pourront donner suffisamment à manger à leurs enfants. La pauvreté est souvent invisible. Mais dès qu’on y prête attention, on la voit soudain partout. »
L’aide alimentaire revenait également régulièrement dans les conversations. Tim a surtout constaté à quel point il est difficile de demander de l’aide.
« La honte est encore très présente. Quand on se retrouve confronté à des difficultés financières, cela peut vous isoler profondément. Alors, j’ai voulu agir. »
À sa grande surprise, Tim a découvert que le dépôt de la Banque Alimentaire de Flandre occidentale se trouvait littéralement à deux pas de chez lui, à seulement 450 mètres de sa porte d’entrée, à Kuurne. Il s’y est rendu, a découvert comment les bénévoles collectent, trient et distribuent les denrées alimentaires et a immédiatement compris : ici, il ne s’agit pas seulement de nourriture. On vient en aide à des personnes qui, bien souvent, n’ont nulle part ailleurs où se tourner.
Deux fois plus loin, parce que les besoins grandissent
En 2026, les défis auxquels sont confrontées les Banques Alimentaires ne cessent de s’accroître : moins de surplus alimentaires, des besoins en hausse et moins de moyens. « En ces temps incertains, les Banques Alimentaires doivent faire face à une concurrence toujours plus forte. Les surplus alimentaires sont commercialisés, les stocks sont moins importants et les gens se tournent plus rapidement vers les flexi-jobs que vers le bénévolat. Alors je me suis dit : un seul triathlon ne représente plus suffisamment la réalité. Si les besoins sont devenus à ce point importants, il faut doubler la distance ! »
La distance est devenue un symbole. « Je savais que je ne pourrais pas combler à moi seul le déficit financier des Banques Alimentaires. Mais je voulais envoyer un signal clair sur l’importance de la solidarité. »
Tout au long de son parcours, Tim a pensé aux milliers de personnes qui, en Flandre occidentale, dépendent de l’aide alimentaire. À des personnes qu’il connaît lui-même et qui doivent se battre dans des circonstances difficiles. À celles et ceux qui ne trouvent pas le courage de parler de leur situation. Et aux nombreux bénévoles qui, semaine après semaine, se mobilisent pour collecter, trier et distribuer les denrées alimentaires.
« Ils sont là, chaque semaine, et ne demandent rien en retour. C’est quand même incroyable, non ?! »
Le sport comme force qui rassemble
Tout au long de son parcours, Tim a été rejoint par des dizaines de personnes. Des cyclistes l’ont accompagné, des amis et d’anciens collègues se sont relayés, tout comme des personnes en situation de handicap physique.
« Pour la partie à vélo, plusieurs boucles de 90 kilomètres ont été parcourues. Au total, une vingtaine de cyclistes m’ont accompagné à différents moments. Certains ont roulé une seule boucle, d’autres plusieurs. L’un d’entre eux a même parcouru 270 kilomètres à mes côtés. C’était vraiment fantastique. Chacun a repoussé ses propres limites, à sa manière. »
À l’arrivée, Tim a été chaleureusement accueilli dans une ambiance festive, à l’occasion de la journée portes ouvertes de la Banque Alimentaire de Flandre occidentale.
Au fond, Tim espère surtout que son défi permettra d’ouvrir le dialogue sur la pauvreté et la solidarité.
« Plus nous parviendrons à normaliser le fait qu’à un moment de sa vie, chacun peut avoir besoin d’aide, plus nous pourrons sortir les gens de leur isolement. Tout le monde peut se retrouver dans une situation difficile. Un divorce, une perte d’emploi ou une maladie peuvent très rapidement rendre les fins de mois difficiles. Et lorsque cela dure trop longtemps, on peut basculer sous le seuil de pauvreté. Il est important d’en avoir conscience et de faire preuve de solidarité. Cela permet aux personnes de se remettre plus rapidement. Chacun peut agir. »
Les Banques Alimentaires ne peuvent continuer à exister que grâce à l’engagement de leurs bénévoles, au soutien des donateurs et à la solidarité des entreprises et des organisations.
« J’ai repoussé mes limites pour les Banques Alimentaires. Aujourd’hui, je vous demande de repousser les vôtres, à votre manière, en faisant un don ou en devenant bénévole. Il ne faut évidemment pas courir un double triathlon pour cela, mais votre soutien est vraiment indispensable. »
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